L'écritoire

Le principe de l'écritoire est simple : chacune des 36 colonnes recueille les différents codages, les différentes graphies d'un même phonème, d’un même son. Les 36 colonnes correspondent donc aux codages des 36 phonèmes de notre langue. Les écritures des voyelles occupent la moitié supérieure du tableau, celles des consonnes la partie inférieure.
En plus de l'écritoire collectif affiché ou projeté en classe, chaque enfant doit disposer à l’école et à la maison d'un écritoire plastifié au format A3 sur lequel il pourra pointer personnellement.

  écritoire incomplet

 
 
ie
 
is
id

i
 
ies
ient
 
ids

 
 
ue
 
us
ut
eu
eue

u
 
ues
uent
 
uts
eus
eues

 
 
 
ot
ôt
op
oc
u

o
 
os
ots
ôts
ops
ocs

 
 
 
à
â
ah
at
e

a
 
as
 
 
 
ats

 
 
ai
on
 

 
 
me
 
 

mm

m
 
mes
ment
ms 

 
 
re
 


rr
rh

r
 
res
rent
rs 

 
 
ne 



nn

n
 
nes
nent
ns

 
 
le 



ll

l
 
les
lent 
ls 
 

 
 
pe
 
 
 
pp

p
 
pes
pent
ps

L’écritoire a été organisé pour que tout apprenti lecteur retrouve rapidement la place des graphies traduisant un phonème au sein d’un mot. Un peu comme le pianiste retrouve les touches de son piano ou le violoniste la place de ses doigts sur les cordes.

On pourra télécharger des écritoires de différentes dimensions et les photocopier au format désiré.
Les graphies le plus souvent utilisées sont en tête de colonne. On constatera que ces premières graphies, très largement majoritaires pour coder le phonème entendu, correspondent à celles que Nina Catach a nommé "archigraphèmes".
Ainsi, dans 99% des cas, /a/ entendu se code (s’écrit) avec "a". Moyennant quoi, en général, cette lettre figure dans presque toutes les graphies du phonème /a/. 
Mais ne se décodent /a/ que les lettres "a" ayant été utilisées pour coder /a/.  Car « a » est loin de se décoder toujours /a/ ! Et en corolaire « e » peut se décoder /a/… Ceci est valable pour toutes les lettres de l’alphabet, c’est le codage qui décide de leur valeur sonore à mettre en mémoire pour pouvoir décoder.

Les graphies témoignant d'une orthographe lexicale singulière, "nn", "mm", "ll" par exemple, d'un cas grammatical, ment, rent, nent, lent ; mes, res, nes, les, sont alignées. Dès le départ, si l'élève a pointé (je mange une pomme) p-o-mme, il pourra pointer le pluriel (nous récoltons des pommes) p-o-mmes apprenant ainsi à chaque étape comment se code le pluriel. En pointant il appliquera les règles de conjugaison /Rémi parle…parle/ et /les enfants parlent…parlent/. L’orthographe grammaticale s’installera en même temps que la lexicale.

Des codages singuliers sont visibles : « e » pou /a/ dans femme et les adverbes en emment, « u » pour /o/ dans rhum, « a » pour /oi/ dans équation, confirmant que les lettres ne se décodent qu’en souvenir du codage réalisé.

Pour coder par écrit le mot /normal/, le pointeur se déplace successivement sur les archigraphèmes n-o-r-m-a-l. Le maître concrétisera au tableau la chorégraphie du pointage en écrivant trois fois le mot, sous les yeux des élèves, en bicolore, en noir, et en écriture cursive,

normal         normal          normal