Le codage

Le codage est cette faculté mentale qui permet d’associer arbitrairement deux termes. Il n’a donc jamais d’existence visible, palpable, il est un pur produit de notre cerveau.

Le Petit Poucet met en œuvre le codage lorsqu’il associe caillou et chemin parcouru. Aucun caillou n’est un chemin, mais la décision mentale de représenter le chemin aller avec des cailloux donne la possibilité de décoder, de trouver le chemin de retour. Le sens de ces cailloux semés est exclusivement dans la tête de celui qui a codé.

Lorsque saint Exupéry ne parvient pas à dessiner le mouton tant désiré par le Petit Prince, il accède à ses désirs en lui présentant une boîte dans laquelle se trouve le mouton. Le Petit Prince code, associe la boîte avec le mouton attendu.

Tous les contes sont à base de codages. Mais le codage est aussi utilisé dans la vie courante. Lorsque vous ouvrez une porte de placard, pourquoi y trouvez-vous ce que vous cherchez ? Parce que vous utilisez le souvenir du codage préalablement effectué. Si vous êtes à l’aise dans votre cuisine, trouvant le verre cherché derrière la bonne porte, vous peinerez dans la cuisine d’une nouvelle amie pour y trouver un verre…

Même les illusions d’optique sont à base de codage, notre cerveau étant trompé par des codages antérieurs. Et vous connaissez les ravages de la calomnie qui n’est qu’un codage réalisé sur un mensonge.

Notre regard est capable de coder des visages très rapidement et même de s’en souvenir.

Dans tous les cas, c’est le lien établi dans le cerveau qui installe le codage et permet de fait le décodage, en souvenir de ce codage réalisé.

L’écriture est un codage particulier. Lorsque vous réalisez un nœud au mouchoir, vous codez du sens, et vous seul pouvez décoder, mais c’est déjà une écriture. Quand nos ancêtres dessinaient dans les grottes, ils codaient déjà du sens, ils écrivaient parfois une histoire ou une croyance. Le propre de notre écriture actuelle réside dans son codage double, codage du sens et du son. Les hiéroglyphes et d’autres écritures codent aussi le son et le sens, mais de façon séparée. Notre écriture code le sens et le son simultanément. C’est pour cette raison que le mot « oiseau » ne peut être décodé que si on sait comment on l’a codé. La preuve, savoir que a se décode /a/ ne permet pas de décoder ce mot. Il faut avoir codé /oi-z-o/ (3 phonèmes) avec « oi-s-eau » (3 graphèmes) pour pouvoir décoder « oiseau ». 

Le codage n’est pas le sens et les sons codés, ni les lettres utilisées pour représenter ce sens et ces sons, mais le lien mental créé par la décision d’associer en mémoire ces deux mondes.

Nous allons donc fournir à l’apprenant des outils pour coder correctement les mots, en utilisant le code orthographique. Ayant codé les mots, il saura les décoder. Et à force de coder et décoder, des règles de lecture s’installeront intuitivement, elles permettront de lire sans avoir codé préalablement, au risque de quelques erreurs.

En effet certains mots restent encore indécodables pour un débutant s’il ne les a pas codés comme : magnat, /mag-na/ se codant « magnat », chorale puisqu’on code /coral/ et pas /choral/, femme puisqu’on code /fam/ et pas /fèm/…etc.

En ne décodant que les mots qu’il aura préalablement codés, le lecteur ne fera aucune erreur de lecture et la fréquentation des mots lui permettra de faire passer le codage au niveau procédural, apportant aisance et fluidité. Tout adulte a encore en tête le passage de la conduite laborieuse en auto-école à la conduite aisée après quelques milliers de kilomètres. C’est cette même adaptation de notre cerveau qui permet d’atteindre une lecture adulte. Les fiches de lecture permettront de prendre contact avec les mots les plus familiers de façon rapide et programmée.

Et lorsqu’on code, le sens est toujours au départ. L’apprenti comprend immédiatement qu’il code du sens et lorsqu’il décode, il cherche nécessairement du sens, même si au début, cela peut s’effectuer au travers d’un décodage laborieux et lent.

Prenez contact maintenant avec les outils permettant de coder et décoder : l’écritoire, le pointeur et l’écriture manuelle.